DEUX SEMAINES DE LA SIGNATURE DE L’APE La Cedeao dit «niet» et demande à la Côte d’Ivoire de revoir sa copie

L’Union douanière de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest n’est pas prête pour permettre à l’Afrique de s’engager dans un accord de partenariat de libre-échange des biens et services avec l’Union européenne. C’est ce qui ressort essentiellement d’un point de presse tenu hier, par la Plate-forme des acteurs non étatiques pour le suivi de l’Accord de Cotonou au Sénégal. Si l’on en croit Ousmane Sy Ndiaye, président du Groupe thématique Commerce /Ape à la Plate-forme des acteurs étatiques, la signature de cet accord permettrait à l’Union européenne de puiser dans les matières premières de l’Afrique sans pour autant favoriser le développement industriel et socioéconomique du continent. Il ne s’agit pas d’ouvrir notre marché à l’exploitation au risque d’exposer nos populations, nos travailleurs et la jeunesse du continent à une précarité sans précédent, a dit en substance M. Sy. «Il faut un certain nombre de réalisations aux plans agricole, de la construction du Tec (Tarif extérieur du commerce), de la souveraineté alimentaire et du renforcement des capacités d’investissement public de nos Etats pour qu’ils soient davantage dans les conditions de réaliser les investissements de base», recommande-t-il. Au-delà de la probabilité, Ousmane Sy Ndiaye se dit optimiste, quant à la non signature de l’Accord, puisque, rappelle-t-il, «c’est ce qui est ressorti de la réunion du Comité ministériel de suivi sur l’Accord, il y a trois semaines, mais aussi, c’est la principale recommandation des experts et également le sentiment fondamental de nos populations». Abondant dans le même sens, Sette Dieng de l’Union nationale des syndicats autonomes du Sénégal (Unsas) invite la Côte d’Ivoire à revoir sa position. «Ce pays a été poussé, par des contraintes, à signer et parapher l’Accord. Aujourd’hui, même s’ils ont signé cet Accord, le Ghana et le Nigeria remettent en cause la signature et, la Côte d’Ivoire doit évoluer dans ce sens», recommande-t-il, non sans appeler les quinze Etats membres de la Cedeao à ne pas isoler le pays de la lagune Ebrié au risque de porter un coup de frein à l’intégration de la Communauté.
Article Par JEAN-PIERRE MANE , lobservateur.sn