Fin annoncée de l’enrôlement de la population à Abidjan

Les problèmes nés de cette opération, dont la suspicion généralisée, les difficultés logistiques et le non paiement des primes ont joué pour beaucoup dans la réticence de nombre d’Abidjanais à se faire identifier. Avec une moyenne de soixante personnes identifiables par jour, dans chaque bureau de vote, il est clair que les bureaux de vote repartis dans la ville d’Abidjan ne pouvaient, mathématiquement, permettre à tout un chacun d’entamer la procédure aboutissant à la délivrance de la carte d’identité et de la carte d’électeur. Cela, avant le 29 Novembre 2008. Et, il n’est pas sûr que malgré la bonne volonté des uns et des autres à se faire enrôler, les agents puissent le faire pour tous les requérants, dans le délai restant. La Commission Electorale Indépendante (Cei), qui a promis, en reportant les élections à tous les Ivoiriens, en droit d’avoir des papiers de sa volonté de le leur délivrer osera t-elle priver des millions d’Ivoiriens de leurs papiers et de leur droit de vote ? C’est en tous cas, la grande question qui circule sur toutes les lèvres, en ce début de semaine à Abidjan. Déjà, le leader de la jeunesse patriotique, plaide pour la prorogation de ladite opération. Comme lui, plusieurs leaders politiques, espèrent en cette prolongation qui permettrait à leurs potentiels militants de se faire enrôler. D’ailleurs, le président du Rassemblement des Républicains (Rdr), Allassane Dramane Ouattara, lors d’un récent meeting, avait donné jusqu’au 15 Décembre 2008, à ses militants pour achever de se faire identifier. Preuve que l’identification dans le District d’Abidjan doit s’inscrire dans la durée. Nul n’ignore qu’Abidjan et sa périphérie comptent pour la moitié du corps électoral. C’est donc dire l’importance de cet électoral dans les prochains scrutins, notamment la présidentielle. Bâcler l’opération à Abidjan, en empêchant plusieurs personnes d’avoir leurs papiers, pourrait, à l’avenir être source de problèmes, aux conséquences insoupçonnées. Toute chose dont la Côte d’Ivoire peut bien se faire l’économie. A quelques jours de la fin de l’enrôlement à Abidjan, il appartient à la Cei de prendre conscience de la menace qu’elle pourrait bien faire courir à la Côte d’Ivoire, sil elle estompe brusquement l’opération le 29 Novembre 2008.
V .BOTY